Les potentialités économiques de la R.C.A

Située au centre de l’Afrique, la  République Centrafricaine est limitée au nord par le Tchad, au Sud par les deux Congo, notamment Congo-Kinshasa et Congo-Brazzaville, à l’Ouest  par le Cameroun et à  l’Est par le Soudan. Avec une superficie de 623 000 kilomètres carrés et une population d’environ 5,7 millions en 2020 habitants, la République centrafricaine (RCA) est un pays à fort potentiel économique à bien des égards. Dans la mesure où d’une part le sol du pays possède de riches ressources naturelles( Mines, Forêt , pétrole etc.) avec plus de 470 indices miniers. d’autre part le climat du type équatorial avec une pluviométrie assez abondante (varie entre 800 et 1800 mm par an) offre la possibilité d’une agriculture variée et abondante telles que le maïs, l’huile de palme, le café, les ananas, le coton… 

La démographie  croissante de 2,5 % en moyenne par an, la forte jeunesse de la population (47% dont l’âge varie de 15 à 35 ans) sont des indices favorisant le développement économique. 

Au niveau des productions agricoles

Le secteur agro-pastoral emploie à elle seule plus de  la majorité de la population active et constitue l’un des secteurs porteurs de l’économie centrafricaine. Il contribue grandement  à la lutte contre l’insécurité alimentaire.

Concernant le secteur agricole, la surface arable est estimée à 15 millions d’hectares, dont environ 1% est exploitée. Elle se caractérise par des cultures d’exportation (café, coton, hévéa et cacao) et cultures vivrières (huile de palme, maïs, sésame, arachide, plantain et banane douce, etc.). C’est le poumon de l’économie centrafricaine, il représente à lui seul 69% de l’emploi et plus de 30% du  PIB. 

Les cultures industrielles

Ce sont  entre autres, le coton, le café, le palmier à huile, le cacao, l’avocatier, l’anacardier, la canne à sucre, l’ananas, le poivrier, les agrumes, le tabac, l’hévéa. La zone cotonnière représente environ un tiers du territoire centrafricain. Le café, le palmier à huile et le cacao se cultivent quant à eux  dans  les  huit  préfectures  au Sud  du   pays. La culture du coton, du café et du cacao mobilise respectivement environ 150 000, 42 000 et 191 ménages. Les femmes et les jeunes sont très impliqués.

La transformation des produits végétaux est très faible. Les principales contraintes au développement de cette transformation sont, entre autres, l’insécurité, l’insuffisance d‘équipements et de pièces de rechange, de qualification, de financement, de matière première, de voies d’accès pour l’acheminement de la matière première.

Au niveau des productions animales 

La République Centrafricaine est un potentiel grand éleveur de la sous-région, voire de l‘Afrique, et une zone d’attraction permanente. En effet, on recense plus de 2,5 millions de têtes et 16 millions d’hectares de pâturages dont 9 millions sont exploités. Soit 44% sont encore inexploités. De plus, il existe d’importantes ressources en eau, qui sont des ressources essentielles et propices pour le maintien et l’afflux du  cheptel.

Les zones de concentration de ce cheptel sont concentrées dans trois grandes zones à savoir: 

  • l’est au sud-est, 
  •  le nord (concentration moyenne), 
  • le centre, le sud-ouest et l’ouest.

Les systèmes d’élevage et de production animale se caractérisent par : 

  • Le système de transhumance ;
  • le système bovin sédentaire (bovins trypanotolérants, culture attelée, ranching) ;
  •   le système petit élevage villageois ;
  • le système de petit élevage moderne. II est de commerçants arabes ou musulmans  non peuls et d‘éleveurs émergents.

L‘élevage centrafricain est essentiellement extensif avec des paramètres de production assez faibles et s’alimente principalement à partir du riche fourrage naturel, des résidus ménagers et autres aliments glanés dans la nature (résidus de récoltes, racines, autres) disponibles dans toutes les régions.  

 Potentiel forestier 

La Forêt centrafricaine est une forêt dense humide de 5,4 millions d’hectares dont 3,5 millions d’hectares sous aménagement. Elle est située principalement dans le sud, le sud-ouest et l’est du pays.

Le secteur forestier, un des potentiels de développement de la RCA  présente deux types de domaines en RCA. Nous avons d’une part le domaine forestier permanent cédé au secteur privé à des fins  d’exploitation et d’autre part le domaine forestier non permanent protégé par l’Etat ;

L’exploitation des forêts centrafricaines est régie par les règles suivantes : 

  • L’exploitation industrielle est soumise à l’obtention d’un permis d’exploitation et d’aménagement (PEA) et à une convention d’aménagement passée entre l’État et la société forestière.
  • L’exploitation artisanale est soumise à l’obtention d’un permis artisanal (limité à dix hectares) d’une durée d’un an renouvelable, octroyé à une personne physique de nationalité centrafricaine ou aux communautés de base (associations ou groupements villageois). 
  • L’exploitation à des fins de subsistance est encadrée dans les forêts communautaires (destinées aux communautés riveraines) par une convention de gestion passée entre l’administration forestière et la communauté, selon un plan de gestion simple.
  • L’exploitation commerciale à petite échelle est permise dans les forêts classées au profit des particuliers. Elle ne requiert pas de plan de gestion en dessous d’une surface déterminée. 
  •  Le déboisement est interdit dans les réserves naturelles, les parcs nationaux et les sanctuaires. Dans les autres types de forêts, les activités de déboisement sont définies par voie réglementaire et après autorisation de l’administration forestière.

Le tourisme

Le secteur du tourisme fait partie des secteurs  de  croissance économique à forte valeur ajoutée. En effet la diversité culturelle et la diversité territoriale( savane, forêt, fleuve et montagne ) offrent  des possibilités de développement de ce secteur. Aujourd’hui on compte pas moins de  10 parcs et réserves pouvant drainer des touristes. Le fleuron du tourisme centrafricain est le Parc National du Manovo-Gounda-Saint Floris (17 400km2) au Nord et les Aires Protégées de Dzanga-Sangha (APDS) au Sud (Parc National de Dzanga-Ndoki avec 495km2 et le Parc National de Dzanga-Sangha Réserve avec 725 km 2)

Les aires protégées représentent 1/3 du territoire national, ce qui démontre un intérêt pour le respect de l’environnement.

Le secteur Minier

La RCA compte plus de 470 indices miniers et dispose d’atouts géologiques et miniers considérables pour le développement de son économie. En effet les diamants bruts de l’afrique central sont de qualité supérieure, et la république centrafricaine dispose d’une large zone d’extraction de diamants et d’or sur les 3 quart du territoire.  

Le diamant se trouve presque  sur l’ensemble du territoire national. Par contre, l’or est concentré au Centre, au  Centre-Nord et  au Sud-Ouest du pays.

Ainsi à date  il a été répertorié:

  • Gisements aurifères:

Des gisements d’or ont  été découverts dans la majeure partie du pays avec. L’or de Ndassima avec plus 50 tonnes, soit 2 000 000 d’onces, L’or de Bogoin, partiellement estimé à 1 tonne d’or, soit 32 000 onces, pour  une teneur moyenne de 6g/t.

  • Gisement diamantifère

Des indices de diamants ont été découverts dans deux zones principales de la RCA (les grès de Carnot et de Mouka-Ouada). La production artisanale était de 350 000 carats jusqu’en 2013.

D’autres gisements ont été découverts:

Fer de Bogoin : Il a été partiellement étudié sur une lentille de 2000x200m avec des réserves estimées à 3,5 millions de tonnes de minerai à 65%.

Le gisement d’uranium de Bakouma est estimé à 50 000 tonnes d’uranium métal.

Le gisement de calcaire de Bobassa compte 10 millions de tonnes avec une teneur de 92% de carbone ;

Concernant le secteur pétrolier les zones à fort potentiel d’exploration pétrolière sont situées:

Au nord, dans la bande centrafricaine-tchadienne ;

Au centre, la région de Bangui (calcaire de Bobassa et Fatima) ;

A l’ouest dans les grès de Carnot ;

Au Nord-Est dans les grès de Mouka-Ouadda ;

Au Sud-Est dans la région de Ndjouko-Possel et Kouango.

Cependant le secteur pétrolier centrafricain est encore dans sa phase de recherche, discontinue depuis plusieurs années.